Les tableaux de feuillages de Marion Wilson

Marqué du sceau des jardins remarquables de France, le jardin de la Mothe est l’œuvre de Marion Wilson. Native de Grande-Bretagne et installée depuis plus de vingt ans à Salles-Courbatiès, son jardin révèle son travail d’artiste.

Autour de la belle ferme quercynoise, il y avait un pré, juste un pré entouré de champs cultivés. Marion et son mari Harty ont bâti des murets, créé des chemins de graviers et des promenades de gazon, puis planté une allée de tilleuls, des haies de charmes. Des bouquets d’arbustes et de vivaces sont venus compléter le labyrinthe de verdure. Le pré se transforme ainsi, au fil des ans, en un magnifique jardin de plaine, en harmonie avec les paysages alentours. Il devient un lieu hospitalier, un lieu de repos et de douceur.

Marion Wilson est une artiste. Sortie de l’école des beaux arts de Londres et longtemps au service de la National Trust, Marion restaurait et recréait des tissus anciens. « Je découpais des motifs », explique-t-elle. Depuis plus de vingt ans, autour de sa maison, elle poursuit son art et découpe l’espace, coupe et associe les végétaux et crée des tableaux de feuillages. Ses nombreux voyages et les tableaux de maîtres qu’elle affectionne, l’accompagnent et l’inspirent.

« Je voulais habiller ma terre, faire un peu de théâtre. J’ai visité beaucoup de jardins et tout ce que j’ai vu ailleurs, je l’ai fait en minuscule ici. »

L’architecture du jardin repose sur un choix de végétaux simple, d’arbres et d’arbustes du paysage local. Le sureau et le frêne autochtones sont accueillis au même titre que les lauriers communément plantés dans la région. Les massifs sont sublimés par d’habiles combinaisons de gris, de verts, de formes et de couleurs. Les pointes fines des yuccas voisinent avec la rondeur des phlomis, d’élégants cardons ou cyprès en spirale. Les euphorbes cohabitent avec les buis, les hémérocalles et les acanthes. Les feuilles des troènes rappellent à Marion Wilson celles des citronniers et orangers du Portugal et les sumacs l’exotisme de la jungle.

A la croisée des chemins, chaque pièce végétale accueille un sujet particulier: un arbre central  magnifié par les blancs graviers à ses pieds ; un banc dirigé vers une composition unique ; de grandes percées dans les haies qui accueillent les rayons du soleil et laissent entrapercevoir la vue champêtre qui borde le hameau… Le jardin invite les visiteurs à la découverte, à la surprise ou encore à prendre un thé sous la gloriette.

Nombre de détails délicats ponctuent la promenade: des couronnes végétales, de grosses coquilles d’escargots blanches sur des piques, des gris-gris de coquillages et cosses de cacahuètes, des boules de métal rouillé suspendues aux arbres… Les créations de Marion Wilson se logent partout dans le jardin.

Le jardin de la Mothe se visite et se revisite toute l’année. Il est beau et remarquable en toute saison.

Savoir plus : http://jardindelamothe.com/

Co. L.